Je profite de cet enseignement rapide pour rappeler que supplier n’a rien à voir avec les supplications que l’on peut lire dans la Bible. On pourrait effectivement croire que faire des supplications équivaut au fait de supplier. Mais il n’en est rien. Afin que chacun ait une vision claire, nous allons nous arrêter rapidement sur l’explication de la supplication.

La Bible parle à plusieurs endroits de prières et de supplications. Plusieurs mots ont été traduits par « supplication », mais nous n’allons prendre que le mot grec DEESIS. Celui-ci est employé dans :

Ephésiens 6 : 18  Faites en tout temps par l’Esprit toutes sortes de prières et de supplications. Veillez à cela avec une entière persévérance, et priez pour tous les saints.

Philippiens 4 : 6  Ne vous inquiétez de rien ; mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces.

1 Timothée 2 : 1  J’exhorte donc, avant toutes choses, à faire des prières, des supplications, des requêtes, des actions de grâces, pour tous les hommes,

1 Timothée 5 : 5  Celle qui est véritablement veuve, et qui est demeurée dans l’isolement, met son espérance en Dieu et persévère nuit et jour dans les supplications et les prières.

Dans les passages ci-dessus, le mot supplication est donc DEESIS. Il signifie : Prier pour un besoin spécifique, plaider sa cause, avec humilité.
Ceci n’a rien à voir avec une personne qui supplierait, insisterait à outrances, un peu comme un caprice. Dans le cas que nous étudions, la supplication est une forme d’action déterminée, afin d’obtenir quelque chose dont j’ai besoin, en faisant preuve d’humilité, de soumission. Prier avec des supplications est donc une forme de prière où je me positionne en tant que fils ou fille, avec humilité, sans aucune suffisance.
Nous remarquerons que la Bible ne parle pas de prières de supplications, mais plutôt de prières, et de supplications.
Il n’y a donc pas plusieurs manières de prier, il n’y en a qu’une, mais à cette manière de prier nous pouvons y ajouter des états, comme la supplication par exemple. La prière est une chose, la supplication en est une autre.

Il est intéressant de voir que dans l’hébreu les supplications ont une définition qui complète bien celle du mot DEESIS en grec. Dans l’ancienne alliance plusieurs mots hébreux ont été traduits par le même mot « supplications ».  Ceci peut certes nous porter dans la confusion parfois, en pensant par exemple encore dans ce cas, que supplications est synonyme de supplier. 
Si l’on prend le mot Hébreux CHANAN traduit par supplications dans 1Roi 8 : 33, 1 Roi 8 : 47, 1 Roi 8 : 59, 2 Chroniques 6 : 24, 2 Chroniques 6 : 37, Osée 12 : 4, ce mot donne une idée de : compassion, grâce, miséricorde.

Pour nous donner une notion supplémentaire, les supplications que l’on adresse à Dieu sont : le fait d’être dans un état de reconnaître que sans Christ, je ne suis pas digne de demander ou de prétendre à quoi que ce soit, de la part de Dieu. Bien sûr il y a une différence entre cette description et le fait de supplier. Si donc nous intégrons les définitions des supplications dans les passages de l’ancienne et de la nouvelle alliance, nous arrivons dans une attitude où l’on va montrer à Dieu le fait que je reconnais que sans Christ je ne suis pas digne de recevoir quoique ce soit de Lui. Mais également le fait que j’exprime cela dans une grande humilité. Toute cette attitude n’est pas un dénigrement de soi, pas du tout.
Je suis toujours dans cette position de fils ou de fille qui est la mienne, mais simplement j’y ajoute le fait que je veux exprimer à Dieu que je suis conscient que tout ceci n’est pas un dû, que tout ceci n’est pas sans un prix qui a été payé à la croix par Jésus Christ.

Dans les supplications, ma position en Christ reste la même, mon assurance reste également inchangée. Il n’est pas question de se positionner comme  un mendiant, ou une personne qui va supplier son maître de lui donner ce qu’elle demande.
Les supplications sont donc parfois ajoutées à la prière, mais simplement pour exprimer son humilité, et sa reconnaissance de la grâce de Christ dans sa propre vie.

Pour que notre analyse soit complète, nous avons besoin d’y ajouter l’explication de ce passage de :

2 Chroniques 33 : 12-13  Lorsqu’il fut dans la détresse, il implora l’Eternel, son Dieu, et il s’humilia profondément devant le Dieu de ses pères. Il lui adressa ses prières ; et l’Eternel, se laissant fléchir, exauça ses supplications, et le ramena à Jérusalem dans son royaume. Et Manassé reconnut que l’Eternel est Dieu.

Ce passage de 2 Chroniques peut porter à croire qu’il faut justement supplier, insister pour obtenir gain de cause. On y voit Manassé ce roi d’Israël, prier Dieu avec des supplications. Puis le texte nous dit  que Dieu « se laisse fléchir », et exauce ses supplications.
Cette expression « se laisser fléchir » est la traduction du mot hébreu ATHAR. Sa définition est tout simplement le fait : d’exaucer, d’être apaisé, accepter d’aller dans le sens.
Dieu a donc ici simplement accepté, ou exaucé Manassé grâce à son attitude de foi. Dans ce passage le mot traduit par supplications est le mot hébreu TECHINNAH. Il diffère très légèrement de ATHAR, mais conserve néanmoins cette notion de grâce et de miséricorde. Il a cette différence dans le fait que l’attitude est plus portée vers un changement de soi avec la reconnaissance de son état, plutôt que simplement la reconnaissance d’un état comme dans ATHAR. 
Il n’est donc pas question ici de penser que Dieu se serait laissé « amadouer » par Manassé. Dieu a simplement répondu favorablement à la repentance de Manassé. La Bible dit que Dieu ne change pas, c’est-à-dire qu’Il ne prend pas une décision pour en changer plus tard parce qu’une personne lui aurait mis une certaine pression par diverses attitudes. Il est donc faux de penser que Dieu accepterait de changer d’avis sur une situation de ma vie parce que je vais l’implorer comme Manassé l’a fait.

A bientôt.