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Le sujet sur le jugement est largement abordé dans le monde chrétien. C’est également un sujet qui génère bien des controverses.

Et c’est bien le problème avec plusieurs passages de la Bible. Si on ne les analyse pas en profondeur, alors nous devenons des pions que satan va balader et faire agir dans un sens que Dieu n’a jamais demandé.

 

Un des passages les plus utilisés en ce qui concerne le jugement est donc cet exemple du sermon sur la montagne. Jésus Lui-même s’adresse à la foule. À première vue, certaines de Ses paroles ont l’air assez claires si on isole les versets. Mais isoler un verset est la dernière chose à faire si l’on souhaite comprendre un passage de la Bible.

    

Luc 6:37  Ne portez de jugement contre personne et Dieu ne vous jugera pas non plus ; ne condamnez pas les autres et Dieu ne vous condamnera pas ; pardonnez aux autres et Dieu vous pardonnera.

 

Cette parole de Jésus est donc souvent utilisée pour affirmer que l’on ne doit pas juger les autres. Dans la plupart des cas, on affirme que le simple fait d’émettre une opinion défavorable sur une personne constitue un jugement, et que Jésus a condamné cela.

De ce fait bien des chrétiens un peu susceptibles, ou centrés sur eux-mêmes, sautent sur l’occasion pour dire qu’ils sont jugés, lorsqu’on leur donne une opinion négative sur l’une de leur attitude par exemple. Ils accusent alors leur interlocuteur de les juger, et par cela les accuse à leur tour d’une attitude négative à leur égard. Finalement ce genre de personnes, encore aveuglées par l’orgueil et le manque de connaissance, ne fait que pratiquer ce qu’elles reprochent aux autres de leur faire.

Nous pourrions alors voir les choses ainsi de la part d’une telle personne :

« Je dénonce une opinion négative sur une personne, afin de dénoncer le fait que celle-ci utilise une opinion négative sur ma personne ».   

Il est facile de voir à quel point une telle attitude est ridicule et inconstante.

 

 

Mais ceci ne constitue pas une réponse pour comprendre ce que Jésus a voulu dire dans ce passage de Luc 6. Pour cela nous devons remonter dans le contexte de cette parole de Jésus et retourner au verset 20.

 

Luc 6:20-23 Alors Jésus, levant les yeux sur ses disciples, dit : Heureux vous qui êtes pauvres, car le royaume de Dieu est à vous ! Heureux vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés ! Heureux vous qui pleurez maintenant, car vous serez dans la joie ! Heureux serez-vous, lorsque les hommes vous haïront, lorsqu’on vous chassera, vous outragera, et qu’on rejettera votre nom comme infâme, à cause du Fils de l’homme ! Réjouissez-vous en ce jour-là et tressaillez d’allégresse, parce que votre récompense sera grande dans le ciel ; car c’est ainsi que leurs pères traitaient les prophètes.

  

À la lecture de ce passage et pour situer le contexte, Jésus est en train de donner Son premier enseignement à une grande foule à propos du royaume de Dieu. Jésus présente le salut à des personnes qui n’en ont jamais entendu parler : ce sont des Juifs. Ils savaient certes qu’ils devaient attendre leur messie, mais ils étaient pour la plupart loin de se douter qu’Il se présenterait à eux de cette manière et avec ce genre de discours

Nous pouvons donc voir que Jésus emploie ici un langage que j’appelle « d’extrêmes comparatifs forts » comme :

 

Je viens ici de paraphraser les 4 versets ci-dessus dans leur contexte, afin de nous donner une compréhension plus approfondie de la manière dont Jésus apporte cet enseignement.

Nous pouvons maintenant continuer avec les 3 versets suivants.

 

Luc 6:24-26 Mais, malheur à vous, riches, car vous avez votre consolation ! Malheur à vous qui êtes rassasiés, car vous aurez faim ! Malheur à vous qui riez maintenant, car vous serez dans le deuil et dans les larmes ! Malheur, lorsque tous les hommes diront du bien de vous, car c’est ainsi qu’agissaient leurs pères à l’égard des faux prophètes !

 

Cette fois Jésus dans le même contexte, commence à évoquer le côté négatif : refus délibéré d’accéder au royaume de Dieu par la nouvelle naissance.

 

 

Maintenant Jésus passe à une autre étape de Son enseignement. Il commence à décrire les attitudes de quelqu’un qui aura accepté le royaume de Dieu par la nouvelle naissance. Jésus décrit ici une manière de penser qui va bien plus loin que celle que la plupart des gens peuvent avoir dans ce monde. Il dit en d’autres mots que l’entrée dans le royaume par la nouvelle naissance doit être accompagnée de repentance et pas uniquement d’une simple acceptation d’aller vers Dieu. Cette acceptation doit s’accompagner d’un changement de manière de penser dans bien des domaines de notre vie, ce qui est une définition de la repentance.

Dans le passage ci-dessous, Jésus dit en d’autres mots que la vie d’une personne qui a hérité du royaume doit être différente de celle d’une personne qui ne l’a pas hérité. 

   

Luc 6:28-36  bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous maltraitent.

Si quelqu’un te frappe sur une joue, présente-lui aussi l’autre. Si quelqu’un prend ton manteau, ne l’empêche pas de prendre encore ta tunique.

Donne à quiconque te demande, et ne réclame pas ton bien à celui qui s’en empare.

Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux.

Si vous aimez ceux qui vous aiment, quel gré vous en saura-t-on ? Les pécheurs aussi aiment ceux qui les aiment.

Si vous faites du bien à ceux qui vous font du bien, quel gré vous en saura-t-on ? Les pécheurs aussi agissent de même.

Et si vous prêtez à ceux de qui vous espérez recevoir, quel gré vous en saura-t-on ? Les pécheurs aussi prêtent aux pécheurs, afin de recevoir la pareille.

Mais aimez vos ennemis, faites du bien, et prêtez sans rien espérer. Et votre récompense sera grande, et vous serez fils du Très-Haut, car il est bon pour les ingrats et pour les méchants.

Soyez donc miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux.

 

Nous arrivons maintenant à ce verset sur le jugement, toujours dans le même contexte décrivant une personne qui aura accepté l’entrée dans le royaume par la nouvelle naissance. Tout ce contexte que nous venons de voir était nécessaire afin de comprendre maintenant cette parole de Jésus à propos de juger son prochain. Elle va dans le même sens que tout Son discours, utilisant des comparaisons fortes et extrêmes dans leurs sens positifs et négatifs.

 

Luc 6:37  (BFC)  Ne portez de jugement contre personne et Dieu ne vous jugera pas non plus ; ne condamnez pas les autres et Dieu ne vous condamnera pas ; pardonnez aux autres et Dieu vous pardonnera.

 

Dans ce contexte donc, Jésus dit de ne pas juger son prochain. Si Jésus parlait ici de ne pas donner une opinion négative ou une comparaison négative à propos de l’attitude de quelqu’un, alors Il aurait été en contraction avec Lui-même depuis le début de Son discours. En effet Jésus n’a cessé depuis le premier verset de ces passages de faire des déclarations utilisant des comparaisons négatives et positives. L’interprétation de ce verset 37 ne montre donc pas de ne pas dire à une personne une vérité qui la positionne dans une action où elle fait mal. 

 

Il est très intéressant de voir que dans ce verset 37 le premier mot « jugez » et le second « jugés » sont exactement les mêmes mots dans l’original. Il est souvent plus facile de prendre les choses à l’envers pour mieux comprendre une interprétation de la Bible.

Le jugement de Dieu ici est le fait d’être jugé indigne de sainteté après notre mort dans ce monde, ceci dans le cas où une personne ne serait pas passée par la nouvelle naissance et par conséquent n’aurait pas le sacrifice de Jésus à son bénéfice.

Nous pouvons donc en déduire sans prendre de risque que le premier mot « jugez » dans ce passage décrit la même attitude que celle de Dieu, car Jésus l’utilise deux fois dans la même phrase.

 

Nous pourrions paraphraser en disant : « Si vous jugez votre prochain lui disant qu’il n’a pas la vie éternelle parce que votre conception du salut n’est pas la bonne, alors cela montre que vous n’avez pas la vérité du salut et Dieu vous jugera de la même manière car vous n’êtes en fait pas passé par la nouvelle naissance pour avoir de telles pensées, c’est pourquoi ne le faites pas, car vous passeriez à côté de la vérité ».

On s’aperçoit alors que juger n’est pas toujours ce que l’on pense. En tout cas lorsque la Bible dit de ne pas juger et même dans d’autres passages, il ne s’agit pas de ne pas donner un avis même négatif sur une personne.

 

Bien sûr cet avis doit être accompagné d’une solution et dit dans un amour de son prochain. C’est en fait ce que Jésus a fait tout le long de ces passages que nous avons étudiés dans cet enseignement rapide. Jésus a pointé avec amour, mais avec précision et sans détours, certaines attitudes et certaines pensées que les Juifs et plus tard les non Juifs, devraient adopter pour accéder au royaume de Dieu.

Il n’est donc pas question d’utiliser le jugement comme une parade disant en d’autres mots : « Tu me juges ! », mais qui veut dire en fait : « Ne me montre pas mes points d’amélioration car je préfère rester dans ma zone de confort ».

Aider une personne en lui montrant avec amour et en lui donnant la solution pour se débarrasser d’une mauvaise attitude, alors que nous pratiquons nous-mêmes cette bonne attitude, ne signifie pas juger son frère ou sa sœur en Christ.

 

Bien sûr il n’est pas question de devenir un justicier de l’Évangile, en allant voir les gens pour les redresser si je puis dire.

La première règle dans ce domaine est d’uniquement faire remarquer un point d’amélioration que l’on pratique déjà soi-même. C’est-à-dire que si je vois par exemple un frère ou une sœur qui perd souvent son calme, je ne vais pouvoir lui en parler qu’à la condition que je n’ai pas de problèmes similaires dans ma vie. Ceci simplement parce que je ne peux pas transmettre ce que je ne possède pas.  

 

La Bible nous enseigne de ne pas juger, ceci est dans un sens de ne pas accuser son frère ou sa sœur, d’une fausse affirmation qui n’est pas fondée. Mais également dans le sens où l’on pourrait contredire un frère ou une sœur dans l’une de ses attitudes sans y apporter en même temps une solution pour en sortir.

Jésus nous éclaire sur ce point important, mais également que le fait de faire remarquer un point d’amélioration dans la paix et en y apportant une solution, n’est pas un jugement du tout.

 

Jean 12:47  Si quelqu’un entend mes paroles et ne les garde point, ce n’est pas moi qui le juge ; car je suis venu non pour juger le monde, mais pour sauver le monde.

 

Ne pas juger ce n’est donc pas fermer les yeux sur le mal sans rien dire. Mais si je me permets de faire une remarque, il est impératif de respecter ces règles qui sont : De le faire dans l’amour, en proposant une solution, mais également de soi-même déjà pratiquer ce que l’on fait remarquer à l’autre.

 

Luc 6 :37 (Parole de Vie) Ne vous posez pas en juges d’autrui, et vous ne tomberez pas sous le coup du jugement. Gardez-vous de trouver les autres en faute et de les condamner, et, à votre tour, vous ne serez pas condamnés. Laissez tomber vos griefs, pardonnez, et vous serez vous-mêmes pardonnés et acquittés.

 

 

A bientôt.